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La sortie du PER

Un plan d'épargne retraite se dénoue en capital, en rente viagère, ou en combinant les deux. Ce qui est perçu est imposé — c'est la contrepartie de la déduction obtenue à l'entrée — et le traitement applicable dépend d'une décision prise des années plus tôt : avoir déduit ou non les versements. Le moment et la forme de la sortie changent le résultat autant que le montant épargné.

Page d'information générale. Elle n'est ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée.

Écrit par , fondateur de GUIZELIN CONSEILMis à jour le

Quand la sortie devient-elle possible ?

À la liquidation de la pension dans un régime obligatoire d'assurance vieillesse, ou à compter de l'âge légal de départ à la retraite.

Avant cette échéance, l'épargne reste bloquée, sous réserve des sept cas de déblocage anticipé prévus par la loi (CMF, art. L. 224-4). Six correspondent à des événements subis ; seule l'acquisition de la résidence principale relève d'une décision. La liste complète figure sur la page du plan.

Atteindre l'échéance n'oblige à rien. Un plan peut rester en place après le départ à la retraite, et la sortie être différée — ce qui laisse le temps d'articuler les retraits avec les autres revenus.

Capital, rente, ou les deux ?

Les trois sont possibles pour les versements volontaires, et le choix se fait au moment de la sortie, non à l'ouverture du plan.

  • Le capital en une fois. La totalité est perçue la même année. C'est la forme la plus simple, et celle qui a le plus d'effet sur l'imposition de l'année.
  • Le capital fractionné. Des retraits successifs, étalés sur plusieurs années, chacun imposé l'année où il est perçu. Les modalités sont prévues au contrat.
  • La rente viagère. Le capital est remis à l'assureur, qui verse un revenu jusqu'au décès. Ce choix est définitif.
  • La combinaison des deux, une part en capital et une part convertie en rente.

Les trois formes ne se comparent pas sur le seul montant perçu : elles ne portent pas le même risque. Le capital laisse la charge de faire durer les sommes ; la rente transfère cette charge à l'assureur, en échange de l'abandon définitif du capital.

Comment la sortie est-elle imposée ?

Quatre cas, selon que les versements ont été déduits ou non, et selon la forme de la sortie.

Sortie en capitalSortie en rente
Versements déduitsPart correspondant aux versements : barème de l'impôt sur le revenu, sans l'abattement de 10 % applicable aux pensions.
Part correspondant aux gains : prélèvement forfaitaire de 12,8 % (ou barème sur option), plus prélèvements sociaux de 18,6 %.
Régime des rentes viagères à titre gratuit : barème de l'impôt sur le revenu après l'abattement applicable aux pensions, plus prélèvements sociaux.
Versements non déduitsPart correspondant aux versements : exonérée.
Part correspondant aux gains : prélèvement forfaitaire de 12,8 % (ou barème sur option), plus prélèvements sociaux de 18,6 %.
Régime des rentes viagères à titre onéreux : seule une fraction de la rente est imposée, déterminée par l'âge au moment du premier versement de la rente, plus prélèvements sociaux.

La case la plus commentée est celle du haut à gauche, et elle mérite son commentaire : la privation de l'abattement de 10 % distingue cette part de capital d'une pension de retraite ordinaire. Sur une somme importante, l'écart n'est pas marginal.

Sources : BOFiP, BOI-ANNX-000513 — BOFiP, synthèse du régime d'imposition des PER. Chiffres vérifiés le 17 septembre 2026.

Pourquoi le moment de la sortie change le résultat

Parce que la part issue des versements déduits s'ajoute aux revenus de l'année où elle est perçue, et que l'impôt est progressif.

Percevoir la totalité d'un plan important en une seule fois gonfle donc le revenu imposable de cette année-là, et peut faire basculer le foyer dans une tranche supérieure. Le même capital, perçu en plusieurs fois sur plusieurs années, reste réparti sur plusieurs bases d'imposition. Ce n'est pas une astuce : c'est la conséquence arithmétique de la progressivité du barème.

Deux autres éléments se combinent à celui-ci, et ils tirent parfois dans des sens opposés : la tranche marginale des années de sortie, qui est rarement stable entre le départ à la retraite et les années suivantes, et les autres revenus perçus ces années-là — un capital de cession, une prime de départ, la vente d'un bien. Un retrait planifié l'année d'une cession n'a pas le même coût qu'un retrait planifié l'année suivante.

Ces éléments se calculent, à partir de chiffres connus au moment de décider. C'est précisément le type de vérification qui se fait avant, pas après.

La rente : ce qu'elle apporte et ce qu'elle coûte

Elle apporte une chose qu'aucune autre forme de sortie ne procure : un revenu garanti jusqu'au décès, quelle que soit la durée de la vie. Le risque de vivre plus longtemps que son épargne est transféré à l'assureur.

Elle coûte une chose définitive : le capital. Il est remis à l'assureur et ne peut plus être récupéré — ni pour un projet, ni pour une dépense imprévue, ni pour être transmis. En l'absence de clause particulière, le versement s'arrête au décès, quel que soit le montant converti et la durée pendant laquelle la rente aura été servie.

Deux clauses contractuelles atténuent cette rigueur, et elles se choisissent avant :

  • la réversion, qui prévoit le versement d'une fraction de la rente à une personne désignée après le décès du titulaire ;
  • les annuités garanties, qui assurent le versement pendant une durée minimale, même en cas de décès prématuré.

L'une comme l'autre se paient : à capital identique, elles réduisent le montant de la rente servie. Le montant proposé dépend par ailleurs de l'âge au moment de la conversion, des tables de mortalité employées et des frais du contrat — trois éléments qui figurent dans la proposition remise avant la décision, et qui méritent d'être comparés.

Ce qu'il faut avoir préparé avant la sortie

Quatre choses, dont trois se préparent des années à l'avance.

  • La ventilation entre versements déduits et non déduits. C'est elle qui détermine la fiscalité applicable. Elle doit être suivie par le gestionnaire, et les justificatifs conservés : une ventilation perdue, c'est un avantage perdu.
  • L'articulation avec les autres revenus des années de sortie. Le calcul se fait sur l'ensemble des revenus du foyer, pas sur le seul plan.
  • La clause bénéficiaire du plan, pour un plan assurantiel : c'est elle qui désigne qui reçoit les sommes en cas de décès avant la sortie, et le régime applicable dépend alors de l'âge au décès. Ce point est expliqué sur la page du plan.
  • Les frais applicables à la sortie et à la conversion en rente, qui figurent dans la documentation du contrat et se vérifient au moment de décider, pas au moment de signer.

L'abattement de 152 500 € par bénéficiaire, applicable en cas de décès avant 70 ans sur un plan assurantiel, dépend lui aussi de cette clause.

Questions fréquentes

À quel moment peut-on sortir d'un plan d'épargne retraite ?
À la liquidation de la pension dans un régime obligatoire d'assurance vieillesse, ou à compter de l'âge légal de départ à la retraite. Avant cette échéance, seuls les cas de déblocage anticipé prévus par la loi permettent de récupérer les sommes, et l'un d'eux seulement relève d'une décision : l'acquisition de la résidence principale.
Est-on obligé de tout retirer d'un coup ?
Non. La sortie en capital peut être fractionnée : des retraits successifs sont possibles, étalés sur plusieurs années. Chaque retrait est alors imposé selon les règles applicables, l'année où il est perçu. Les modalités précises de fractionnement figurent dans le contrat.
Peut-on continuer à verser après la retraite ?
Tant que le plan n'a pas été liquidé, des versements restent possibles, et la déduction s'applique dans les conditions habituelles si un plafond est disponible. Une fois la sortie engagée sur un compartiment, celui-ci n'a plus vocation à être alimenté. Ce point dépend du contrat et se vérifie auprès du gestionnaire.
Que devient le plan si le titulaire décède après la sortie en rente ?
Le versement de la rente s'interrompt, sauf si le contrat prévoit une option de réversion au profit d'une personne désignée, ou des annuités garanties assurant le versement pendant une durée minimale. En l'absence de telles clauses, le capital converti en rente ne revient pas aux héritiers.
Le déblocage pour la résidence principale est-il imposé ?
Oui, comme une sortie en capital : la part correspondant aux versements déduits est imposée au barème de l'impôt sur le revenu, et les gains supportent le prélèvement forfaitaire et les prélèvements sociaux. Sortir plus tôt ne signifie pas sortir sans impôt, et cette imposition s'ajoute la même année aux autres revenus du foyer.

Pour aller plus loin

Une sortie à organiser

Le moment, la forme et le rythme des retraits changent le résultat net. Un premier échange, gratuit et sans engagement, pour poser ces éléments avant de décider.

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